Juste un regard  posté le mardi 21 août 2007 00:45

Juste un regard. Ce simple regard a changé toute ma vie. J’ai 12 ans, lui aussi. Nous étions en centre de vacances linguistique. Au début, je l’ignorai, je détestais la présence d’autres personnes autour de moi. Etre seul. Maman pensait simplement que ce séjour m’ouvrirait aux autres. Mais moi, je m’enferme, je m’enferme dans ma tête, dans mon monde. Personne ne me comprend. Ma vie est en noir et blanc, c’est ainsi que je perçois le monde. Une absence de couleur, une absence de bonheur. Quelque chose me manque, je me sens vide dans mon monde. Je suis frêle. Je suis pale. Je me teins régulièrement les cheveux en noir, je ne porte que des vêtements noirs ou blancs. Derrière mon apparence féminine, je suis un garçon. Un androgyne comme disent certaines personnes. Ce centre de vacances est pour moi une torture. Des activités obligatoires. Comment des parents peuvent envoyer leurs enfants dans des centres comme cela ? Maman voulait que j’améliore mon français. Mais moi, je hais l’école, je hais le français. Mon allemand me suffit. L’école, elle, ne me sert à rien. Ma vie a moi, c’est le rêve. J’imagine que je vole, j’imagine de nouveaux mondes, à mon image, ou tout le monde est comme moi. Ils font tous des jeux… ce matin nous étions en cours. Cet après midi, c’est « détente » Les garçons jouent au football ou au rugby, les filles au basket ou au volley. Moi, je suis éloigné des autres, je reste en retrait, loin du bruit, loin du monde, seul sur mon banc dans le champ, près de la forêt. Mes yeux, noircis par le maquillage, regardent le ciel. Seuls mes yeux le regarde, mon esprit vagabondant ailleurs, je ne sais ou… Je ne l’ai pas vu approcher. Il s’est assis à coté de moi, en silence, mon évasion étant telle que je ne pouvais plus entendre aucun son provenant de mon entourage. Je ne sais pas combien de temps il est resté là, à coté de moi, sans bouger, sans parler. Et puis j’ai entendu un son. Je suis revenu à moi, j’ai tourné la tête dans sa direction, je l’ai regardé dans les yeux. Des yeux, des yeux que j’avais déjà vu… je ne sais ou… Pour la première fois, je voyais dans les yeux de quelqu’un de mon âge, non pas du mépris, ni de la moquerie, mais simplement de l’interrogation.

-Pourquoi tu es toujours toute seule ? me demanda-t-il.

Il me prend pour une fille. Devrais-je lui dire que je n’en suis pas une ?

-J’aime être seul. J’ai toujours été seul. J’ai été mis à l’écart dès ma plus petite enfance, dès mon entrée au jardin d’enfant. Ma mère m’a dit que je n’ai pas accepté le départ de mon père. Je me suis renfermé sur moi, j’ai rejeté toute amitié. Plus tard, je me suis différencié des autres. Certains, tous même, m’ont ensuite rejeté pour cette différence. Je ne m’en plains pas, c’est peut être ce que je demandais inconsciemment qu’on me laisse seul, tranquille, isolé dans ma tête.

-Différente ? Mais quelle est ta différence si ce n’est pas de rester toute seule, isolée sur ce banc ?

-Tu veux vraiment le savoir ? Je risque de te décevoir…

-Je prends le risque. Crois-moi, je ne pense pas que ca changerai grand-chose à mes yeux… Je ne vois pas comment une fille comme toi pourrait être différente des autres… C’est juste un style… Et ca ne fait pas la différence…

-La différence est ici. Je ne suis pas une fille…

-Attends, ne me dis pas que tu es… un… un garçon ?

-Si… je suis ce qu’on appelle un androgyne. Pas dans le sens ou je suis hermaphrodite, non, de ce coté là, je suis un garçon a 100%. Je ne suis pas travesti, je ne me prends pas pour une fille, je ne veux pas être une fille. C’est juste dans ma tête, je me sens mieux avec cette apparence. J’ai l’apparence d’une fille, mais je me sens garçon.

-Je crois… je crois que e comprends. C’est tout une histoire de style en fait. Je ne me suis pas trompé sur ce point. Hormis le fait que tu n’es pas une fille. Je crois que tu ne devrais pas te tenir à l’écart. Les autres pourraient comprendre.

-Je n’ai plus envie de faire comprendre ce que je suis. Les gens doivent l’accepter, ou alors, qu’ils m’ignorent. J’ai perdu patience…

J’ai relevé la tête vers le ciel. J’ai recommencé ma contemplation. Lui, il continuait de me regarder. Il est resté là, de longues minutes, à ne rien dire, en me regardant, respectant mon silence. Il leva les yeux à son tour vers le ciel. Comme pour m’accompagner dans ma solitude. Nous sommes restés là, assis sur ce banc, les yeux rivés sur l’immensité du ciel, pendant un long moment. Les matches étaient finis… Nombre des jeunes avaient regagné leur dortoir, pour prendre une douche avant le repas, ou alors pour téléphoner à leurs proches. Un garçon arriva en courant, un portable à la main.

-Jonas ? Ton portable a sonné, c’est ton père, je me suis permis de décrocher, je sais qu’il te t’appelle que rarement.

-Merci.        Allo ?

-…

-Oui c’est moi papa.

-…

-Ca va… comme la dernière fois que tu m’as appelé. Tu voulais me dire quelque chose ?

-…

-Tu as une nouvelle amie… encore… Elle est comment cette fois…

-…

-Comme toutes les autres…. Tu ne crois pas qu’il est un peu tard maintenant ? C’est pas la peine de me chercher une maman, j’en ai déjà une. Ne cherche pas à la remplacer. Trouve-toi plutôt une femme.

-…

-Papa, j’ai 12 ans, tu le sais ça… J’ai pas besoin d’une mère, je veux juste une belle mère tu peux comprendre ça non ?

… Cherche toi une amie qui te plaise à toi, pas à moi. C’est pour ça que ça n’a jamais marché… Tu ne les choisissais pas, tu ramenais des filles à la maison, et si elles me plaisaient tu les gardais… peu de temps…

-…

-Pourquoi je ne te dis ça que maintenant ? Tu crois que j’aurai pu te dire ça droit dans les yeux… Papa, j’ai compris ton petit jeu… Aurais-tu peur des femmes ? C’est pour ça que tu as quitté maman ?

-….

-Arrêtes papa, ce n’est pas le moment. On en parlera quand je rentrerais.

-…

-Voilà, c’est ça, tu as compris, débrouille toi. Allez, bisous papa.

 

-Un vrai gosse. Des fois, on se demande qui est l’adulte dans cette maison.

-Tes parents sont divorcés ?

-Oui, papa est parti de la maison quand j’étais bébé, et le juge a décidé de lui confier ma charge. Enfin, c’est ce qu’il m’a dit, je n’ai jamais vu les papiers officiels

-Tu vois souvent ta mère ?

-Je ne l’ai jamais vu… Je n’ai même aucune photo d’elle. Et même aucune photo de moi bébé, il parait que maman à tout gardé.

-C’est triste de ne pas avoir de maman… Je ne sais pas ce que je ferais sans la mienne… Elle est la seule à me comprendre…

-Et toi ta famille ?

-Mon père a disparu quand j’avais deux ans. Maman s’est remariée il y a trois ans à un homme que je considère aujourd’hui comme mon père.

-Tu as des souvenirs de ton père, enfin je veux dire de ton vrai père ?

-j’en avais mais quand j’avais cinq ans, notre maison a brulée en emportant tous nos souvenirs.

-C’est bête…

-Oui… en effet…

-Tu vois, ce n’est pas bien difficile de ne plus être seul…

-Oui… mais tu sais, tu n’es pas comme les autre. Toi, c’est comme s’il y avait quelque chose, comme si je te connaissais déjà.

-C’est l’impression que j’ai eu tout à l’heure, j’ai eu l’impression de t’avoir déjà vu…

-Oui, pareil. On devrait aller manger, il est l’heure.

 

 

Nous nous dirigions tous les deux vers le réfectoire. Saisissant des plateaux à l’entrée, Jonas fit signe à ses amis qu’il arrivait. Nous avons choisis les mêmes plats qui étaient disponibles (les seuls qui avaient l’air mangeables, vous connaissez la réputation des selfs) Et puis Jonas, qui était devant moi pris la direction de la table de ses amis. Il s’installa, lança quelques boutades à l’intention des autres garçons et filles présents et s’assit. Moi je me suis dirigé vers une table libre, qui malheureusement se situait en plein milieu du self. D’habitude, j’arrivais plus tôt et je m’asseyais dans un coin du self, de préférence à la table à coté des plantes, ce qui me cachait plus de la moitié du réfectoire. Je n’étais pas très loin de la table de Jonas, et je pouvais entendre toute leur conversation. Essayant de ne pas écouter les stupidités qui pourraient sortir de ces bouches pré pubères aux propriétaires débordant d’hormones, j’entamais ma salade de betterave, qui n’avait pas vraiment le gout de betterave. Le début du repas s’était déroulé comme à son habitude : je ne prêtais attention à personne, et personne ne prêtait attention à moi. Jusqu’à ce que :

-Jo, tu as passé tout l’après midi avec Elle ?

-Ouai et alors ? ca te pose un problème ?

-Bah moi non, mais tu devrais faire gaffe, tu sais les gens comme ça, ils sont pas bien dans leur tête.

-Comment ça les gens comme ça ?

-T’sais, comme Elle, ils s’habillent tout de noir, ils disent même des trucs bizarres parfois… Mon père, et ben il m’a toujours dit de ne pas approcher de gens comme ça. Il dit qu’ils peuvent te bidouiller le crâne, et après même si tu le veux pas, et ben tu deviens comme eux, c’est plus fort que toi… et puis elle fait peur non ? Elle parle jamais, elle est toujours planquée, c’est à se demander ce qu’elle fout là, ça se trouve, et ben ils l’ont envoyé ici rien que pour nous bidouiller, mais a mon avis elle a la trouille de nous approcher, on est trop nombreux et pas assez bête.

-Arrête, tu sais pas c’que tu dis. Tu t’arrête seulement à son apparence. I… Elle m’a parlé s’t’aprèm, en fait, si elle est comme ça c’est qu’elle souffre… La façon dont elle s’habille, c’est juste pour montrer ce qu’elle ressent, elle voit la vie en noir c’est tout, elle va pas bien psychologiquement.

-Ouai, ca tu l’as dit, elle est dingue !

-Nan, c’est pas c’que j’voulais dire…  En fait, elle s’assume pas, elle me l’a dit, elle m’a expliqué mais je sais pas comment le formuler moi !

-Ouai ben moi j’te dis, elle t’as baratiné pour que tu la prenne en pitié, c’est comme ça qu’ils font, ils te montent la tête, ils te font croire des trucs et quand t’as bien confiance, là ils te montrent ce qu’ils sont vraiment, mais c’est trop tard pour toi.

-Tu crois ?

-Ouai c’est mon père qui le dit…

Jonas et l’autre garçon regardèrent dans ma direction. J’ai instinctivement baissé la tête, et je me suis plongé dans une intense contemplation de mes pates… C’est étrange, c’est blanc, enfin non pas blanc, c’est … couleur pates… c’est gluant, mais ça c’est dut au beurre qu’ils ont mis en trop grande quantité… Et puis en fait, ça sent pas très bon, et c’est pas très appétissant. Tiens ben voila que j’ai plus faim moi

- Regarde-la, elle est en admiration devant ses pates. Dingue j’te dis qu’elle est !

-Ouai t’as p’t’être raison finalement…

La, s’en était trop… les larmes étaient montées dans mes yeux, je savais qu’elles allaient bientôt couler. Je ne leur ferais pas ce plaisir, je ne veux pas qu’ils me voient pleurer. Je me suis levé calmement, je me suis dirigé vers la sortie, et dès que je fus hors de vue de quiconque qui était dans le réfectoire, je me suis mis à courir, courir le plus vite possible pour rejoindre mon dortoir. Jonas… Jonas, comment peux-tu croire de telles absurdités ? Je ne te connais pas depuis longtemps, mais cette trahison m’a profondément blessé. Il y avait ce truc étrange qui faisait que je te faisais aveuglément confiance ! Comment as tu pu me faire ça… je croyais que tu m’avais compris… J’ouvris la porte du dortoir et je me précipitais vers le sac d’un des mes colocataires. Je saisis un portable et composa le numéro de téléphone de la maison.

-Allez, réponds, réponds !

-Hallo! Hier ist Maria, Wer ist es?

-Mutti? Hier ist Andreas.

-Mon chéri! Pourquoi m’appelles tu si tard?

-Je veux rentrer maman, ça suffit, je n’en peux plus de supporter leur présence… C’est trop dur !

-Fais un effort mon cœur, il te reste à peine une semaine…

-Je peux pas maman, c’est horrible, j’y arrive pas…

-Qu’est-ce qui se passe ? Tu ne me dis pas tout mon cœur.

-Jamais, jamais de toute ma vie on a été si méchant avec moi. Je préfère encore être seul dans ma chambre plutôt que de rester ici à entendre ces sottises…

-Je viens te voir demain matin chéri, tu pourras patienter jusque là ?

-Oui, mais dépêches toi maman, je veux rentrer à la maison…

-Je ne peux pas rester mon chéri, je dois raccrocher, je suis occupée…

-Maman, me laisse pas s’il te plait !

-je n’ai pas  le choix mon ange ! Je te promets, demain matin quand tu te réveilleras, je serais là. Promis.

-Promis ?

-Juré. Allez Andreas, je dois te laisser maintenant. Je t’aime mon bébé, à demain !

-Moi aussi je t’aime Mutti, à demain.

J’ai raccroché, reposé le portable dans le sac, et je me suis allongé sur mon lit. Je me suis recroquevillé en position du fœtus, j’ai croisé mes bras sur ma poitrine de manière à saisir mes épaules et je n’ai plus cherché à retenir mes larmes

 

Je ne sais pas combien de temps je suis resté ainsi, allongé sur mon lit, à me vider de toutes les larmes de mon corps, à me rappeler cet après-midi avec Jonas, à me rappeler sa conversation avec l’autre au diner… Les images tournaient dans ma tête, les paroles aussi « dingue j’te dis qu’elle est ! » Je me rappelle aussi la douleur à la poitrine que j’ai ressentie à ce moment là… Comme si mon cœur se brisait, comme si on m’en arrachait la moitié. En un après-midi, Jonas avait réussi à combler le manque qu’il y avait dans mon cœur… et en quelques minutes, il avait aussi tout brisé… J’ai ouvert les yeux… et j’ai vu deux yeux… deux yeux foncés par l’obscurité… un visage, aussi. Et des cheveux blonds…

-Jonas ?

-C’est moi…

Je me suis relevé, essuyant les larmes qui coulaient sur mes joues, étalant en même temps le maquillage noir sur mes joues.

-Qu’est-ce que tu fais là ?

-Je t’ai vu partir précipitamment sans finir ton repas… Tu as un problème ?

-T’as rien à faire ici, t’es qu’un salaud !

-Quoi ? Attends, mais pourquoi … pourquoi tu dis ça ? Ah si je sais… Tu as entendu ma conversation avec Boris à la cantine…

-Perspicace en plus ! Tire-toi !

-Attends, laisse-moi t’expliquer !

-Y’a rien à expliquer OK ? Tu parles dans le dos des gens, c’est facile à comprendre… t’es un salaud, c’est tout !

- Ecoute-moi, au moins ! Je n’ai pas eu le choix, il ne me lâchait pas avec cette histoire, j’ai du acquiescer à ce qu’il disait ! J’ai pas eu le choix !

-Et je devrai te croire ?

-Tu devrais, je ne te dis pas de me croire, je te le demande… Et puis qu’est-ce que je foutrais ici, si je croyais ce qu’il m’a dit ? Hein ?

-Je… je…

-Tu ne sais plus quoi dire. Alors, ne dis rien. Et arrête de pleurer, c’est moche un mec qui pleure !

-Chui une fille !

-C’est ça, fous toi de ma tronche en plus ! Arrête de chialer. Et puis t’aurais pu au moins te démaquiller avant de pleurer, regarde moi ça, t’es tout noir. Aller, lèves toi et suis moi !

Je me suis levé, et je l’ai regardé droits dans les yeux. Des yeux bleus, bleu nuit, presque noirs, des yeux que je connaissais. Je l’ai serré dans mes bras, et tout doucement, je lui ai murmuré :

-Merci !

-De rien, c’est normal. Allez, viens avec moi jusqu’à la salle de bain. Ou est ton démaquillant ?

-Je le prends.

-Tiens et puis, allumes la lumière, ça peut être utile.

-Et voila chef !

-Tiens laisses moi faire, donne moi la lingette. Regarde moi… voila, ferme les yeux, je voudrais pas te faire mal !

Lentement, il a retiré tout le maquillage de mon visage. D’abord, ce qui avait coulé sur mes joues. Puis mes paupières, lentement, doucement. Lorsqu’il eu fini, j’ouvris les yeux. Il me regardait d’un regard pénétrant, comme s’il voulait voir mon âme au plus profond de moi-même. J’ai aperçut dans ses yeux de la surprise. Puis, il s’est regardé dans le miroir, et de nouveau, m’a regardé.

-Quoi ?

-Tes yeux !

-Quoi mes yeux ? Ils doivent être rouge d’avoir pleuré.

-Non, tes yeux sont bleus.

-Ah bon ? Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas regardé la couleur de mes yeux. Je me les rappelais noirs.

-Non, ils sont bleus, presque noirs… comme les miens.

-Naaaannn ! Tu rigoles, c’est juste la lumière… c’est une impression…

-Tu dois avoir raison… Il se fait tard, les autres vont bientôt revenir, on devrait aller se coucher

-Tu as raison… bonne nuit Jonas

-Bonne nuit Andreas.

 

Il est parti, me laissant seul dans la salle de bain… Je me suis regardé dans le miroir, j’ai regardé mes yeux… En effet, leur couleur s’approchaient de celle de ses yeux, mais j’en étais sûr, ou presque, ce n’étaient pas les même. Je suis sorti de la salle de bain, j’ai éteins la lumière et je suis allé me coucher.

 

Le lendemain matin, je me suis réveillé au levé du soleil. Sans faire aucuns bruits pour ne pas réveiller mes voisins, j’ai rassemblé toutes mes affaires que j’ai fourrées dans mon sac. J’ai fait mon lit et je me suis ensuite dirigé vers le réfectoire, dès que les moniteurs étaient passés nous prévenir de son ouverture. J’ai pris un plateau sur lequel j’ai mis deux croissants un bol de chocolat chaud et des minis portions de Nutella. Je me suis dirigé vers ma table et j’ai commencé mon petit déjeuner. Jonas est arrivé une dizaine de minute plus tard. Il est venu s’installer à ma table.

-Salut

-Salut !

-Tu as bien dormi ?

-Ca va, j’ai eu un peu de mal à m’endormir mais ca va.

-Il y a une sortie aujourd’hui à la piscine, Tu viens ?

-Euh nan, désolé, je peux pas…

-Ah oui, j’imagine que tu ne veux pas que les autres sachent que tu es un mec.

-C’est pas ça…

-Ah ? Tu as autre chose de prévu ?

-Oui, on peut dire ça.

-Tu ne peux pas me dire de quoi il s’agit ?

-Je… je … j’ai peur de te décevoir…

-Je ne vois pas comment tu pourrais le faire…

-Je sais que tu m’aime bien, que nous pourrions devenir proche tous les deux, des amis, des vrai, mais je ne peux pas Jonas… désolé

-Mais mais, pourquoi ?

-Je vais partir Jonas, ma mère viens me chercher… je n’aime pas rester ici, je ne tiendrais pas plus, tu sais les moqueries, les humiliations, c’est pire que ce que je subis habituellement

-Et moi ? Je ne compte pas pour toi ?

-Tu as des amis ici, rester avec moi ne fait que te faire des ennemis. Et puis nous pourrons nous appeler tu sais… je ne veux pas que mon départ compromette une amitié possible tu comprends ?

-J’espère bien ! A quelle heure viens ta mère ?

-Je ne sais pas, elle m’a dit ce matin mais ca dépend tout simplement de l’horaire du train. Un moniteur doit venir me prévenir.

-En parlant de moniteur, en voila un qui s’approche. Tu crois qu’elle est déjà arrivée ?

-C’est possible…

 

-Andreas ? Ta maman vient d’arriver… Tu es sûr de ta décision ?

Je regardais Jonas, puis je me tournais vers le moniteur.

-Oui, j’en sis sûr, je veux partir.

-Alors suis moi, tu as bien fini ton déjeuner n’est-ce pas ?

-Oui monsieur.

-Andreas ? Je peux… je peux t’accompagner ?

-Oui, bien sûr, je vais te présenter à ma mère, viens !

 

Nous nous sommes dirigés vers le bureau du directeur. Le moniteur nous a ouvert la porte puis est reparti en direction du réfectoire pour le surveiller. Jonas et moi sommes entrés. Ma mère était assise en face du directeur du centre. Elle se retourna sur son siège dès l’ouverture de la porte. Dès que je fus entré dans la pièce, je me précipitais dans les bras de ma mère, seul et unique endroit ou je me sentais en sécurité.

-Mon poussin, tu es sûr de vouloir rentrer ? Tu ne regretteras pas ta décision ?

-Non maman, je ne regretterais pas… Personne ne m’aime ici, tu sais, c’est pire qu’à l’école…

-Hrumhrum

-Ah oui maman, voilà Jonas, en fait, c’est le seul çà m’apprécier ici… Mais les autres l’embête parce qu’il reste avec moi… Je ne veux pas qu’il ait d’ennuis par ma faute…

-Jonas ? murmura-t-elle dans un souffle… C’est toi ?

-Euh oui, je m’appelle bien Jonas madame…

-Approche toi d’Andreas pour voir mettez vous côte à côte…

Nous nous sommes tous les deux exécutés… Maman nous regardait à tour de rôle. Dans ses yeux, on pouvait voir de l’incompréhension, de la peur mais aussi une lueur d’espoir et de joie.

-Maman ? Qu’est-ce qu’il t’arrive, pourquoi tu nous regarde comme ça ?

-Jonas ? C’est bien toi ?

-Ou… Oui madame…

-Maman, je t’ai déjà dit qu’il s’appelait Jonas, pourquoi tu redemandes ça sans cesse ?

Et là, sans que je comprenne ni comment ni pourquoi, maman avait pris Jonas dans ses bras et s’était mise à pleurer…

-Maman ? Pourquoi tu prends Jonas dans tes bras ? Et pourquoi tu pleures ?

-Mon bébé, mon bébé, mon tout petit bébé pleurait ma mère

-Madame, je ne suis pas un bébé, et je ne suis pas le votre ! C’est Andreas votre fils… Andreas, je crois que ta mère est dingue…

-Maman… maman n’est pas dingue… Maman pourquoi tu fais ça ?

-Andreas… Tu sais, quand papa est partis

-Mais maman, tu m’as dis qu’il avait disparu…

-Oui il est parti sans me dire où il allait… Et bien tu vois… Ton papa a emmené un petit garçon. Et ce petit garçon était ton frère… Et ton frère s’appelait Jonas…

-Mais maman, Il y a pleins d’enfants qui s’appellent Jonas, comment sais tu que c’est lui ?

-Andy… Il n’était pas un simple frère pour toi ! Il est ton jumeau, vous êtes identiques…

-Mon jumeau ? C’est … c’est mon jumeau ?

-C’est pour ça qu’on se sent bien tous les deux ensemble ?

-Oui mes chéris, c’est pour cela…

 

 

Cette révélation n’a rien  changé dans ma décision de partir… J’ai cependant de nombreuse fois téléphoné à mon frère durant les quelques semaines suivantes… Et puis maman m’a fait une surprise... Papa allait venir me voir, avec Jonas… Et peut être qu’ils allaient déménager… Pour moi... Papa revenait dans ma vie après m’avoir enlevé mon frère…  Aujourd’hui cela fait trois ans que j’ai retrouvé mon frère… Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde… Pourtant, nous apprenons encore à nous connaitre… Au début Jonas restait chez papa et moi chez maman, mais petit à petit, nous en sommes venus à faire ce que de nombreux enfants font, nous allons une semaine chez notre père et une semaine chez notre mère…les liens qui unissent de jumeaux sont tellement fins que même la séparation et l’oubli ne les brisent pas… Le vide qui existait en moi était désormais comblé, mais je nourrissais envers mon père une rancœur profonde, bien que j’appris lui aussi à le connaitre et à l’aimer… Désormais, mon frère et moi, c’est pour la vie !

 

 

 

Désolée… cette histoire parait peut être un peu … mal rédigée... J’ai eu un mal fou à la terminer… je trouve que la fin arrive trop vite… mais en même temps, c’est une histoire courte non ? ^^ Alors, je ne devais pas faire trop long… Et puis l’inspiration m’était venue au beau milieu de la nuit, mais épuisée je n’ai pas pu terminer sur ma lancé… J’ai donc arrêté, et après quand j’ai voulu la terminer, c’était … comment dire… différent… Mais bon j’espère que ça vous a plus… n’hésitez surtout pas à me dire ce que vous en pensez, en bien ou en mal -_-‘

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Tous les commentaires de l'article:
Juste un regard

  • danouch74

    lun 01 oct 2007 01:54

    j'ai bien aimée ^^

  • Enguerrand

    mar 21 aoû 2007 08:02

    Eh ben... Elle est pour le moins étrange cette histoire, mais j'ai bien aimé ^_^

    Le seul truc, c'est que j'ai quasiment su depuis le début qu'ils étaient frère à cause de cette simple phrase "Des yeux, des yeux que j’avais déjà vu… je ne sais ou…" ^_^

    Sinon, je dois avouer que je trouve l'allemand particulièrement moche ^_^ (euh, j'espère ne pas te vexer... J'ai toujours le chic pour mettre les pieds dans le plats T_T)

    En tout cas ça fait plaisir d'avoir une nouvelle petite histoire ^_^ et ne t'inquiète pas, la fin est très bien, comme tu l'as dit, c'est une histoire courte, et je la trouve bien rédigée moi, en plus elle se finit bien celle là ^_^

    Allé, vivement la prochaine !!!! ^_^


 
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