Le vide. L’absence. C’est ce que je ressens. Ni bonheur, ni tristesse. Je marche sous la pluie. Trempé, dégoulinant d’eau, le visage levé vers le ciel, je pleure. Les gouttes d’eau ruisselant sur mon visage cachent les larmes qui coulent sur mes joues. La vie disparait peu à peu de moi. Les ténèbres s’emparent de mon esprit, petit à petit, je disparais.

Avez-vous un jour imaginé tout perdre ? Perdre tout ce qui était plus cher à vos yeux ? J’ai perdu le seul être au monde qui m’était cher, la seule et unique personne qui me connaissait et me comprenait. J’ai perdu mon frère. Mon double, mon cœur, mon moi… mon jumeau…il était moi et j’étais lui…
La mort… événement, personne ou chose, elle arrive sans crier gare. Elle apparait à vous par surprise, quand vous vous y attendez le moins. Elle vous emmène vers votre dernier lieu de vie, elle vous emmène pour votre dernier voyage, sans bagages et sans adieux. En une fraction de seconde, vous disparaissez d’un monde, d’une existence pour devenir… rien. Une âme perdue, invisible et inconnue. La mort… inconnue sans visage, inconnue sans voix… Elle est la seule et unique à rester près de vous pour l’éternité. Paradis, enfer… aucun n’existe. Vous disparaissez d ‘un monde où vous aimiez, où vous étiez aimés, où vous viviez. Vous mourrez, et vous errez alors sans fin dans le noir, dans le vide ayant pour seule compagnie… la mort, le néant ; seul, pour l’éternité.
La mort est venue me chercher ce matin. Je l’ai peut être appelée. Mais la mort ne se demande pas, elle survient, un point c’est tout. Je suis mort ce matin. Je savais pourtant qu’il ne fallait pas que je sorte ce matin. Mais c’était une tentation. LA tentation, celle à laquelle on ne peut échapper. Le désir de mourir si profondément encré en moi à ressurgit. Je suis sorti mourir ce matin. C’est en me retournant vers chez moi que j’ai vu par la fenêtre ce regard. Mon regard. Celui de mon double, celui de mon frère. C’est à ce moment là que la balle à pénétré dans ma tête. Je suis mort en regardant mon frère, je suis mort en regardant ses yeux, mes yeux.
Il est mort ce matin. La dernière chose que j’ai vu, la dernière chose qu’il a vu, ce sont nos yeux. Nous nous sommes fixés du regard un instant, l’instant ou cette balle lui a traversé la tête. La première chose que j’ai vu dans ces yeux, c’était le désespoir. La dernière chose que j’ai vu dans ses yeux, c’était l’amour.
Je suis mort ce matin, Je suis sorti pour mourir. Je suis mort parce que je voulais survivre. La mort ne joue pas, elle ne joue jamais avec vous. Je me suis mis en danger, j’ai payé. J’ai voulu mourir, je suis mort parce que je ne le voulais plus. J’aimais mon frère, mais ce matin en sortant, je l’avais oublié. J’ai payé de ma vie pour cet oubli. Je l’aimais, je l’aime. Ce matin, je suis mort.
Ce soir, je vais sortir, ce soir je vais mourir. La mort ne se demande pas. Ce soir, je vais sortir, ce soir je vais aimer. Je vais donner l’amour qu’il a voulu me donner ce matin. Ce soir, je vais sortir, ce soir je vais mourir.
Ce soir il va sortir. Ce soir, il va mourir.
Et à jamais nous serons réunis.
Deux âmes perdues vont se retrouver. Et à travers l’obscurité, ensemble, nous rejoindrons la lumière. Et de l’errance dans le noir, ensemble, nous errerons dans la lumière. A jamais, nous serons réunis.
danouch74
lun 01 oct 2007 01:56